Prévoyance des TNS : ce que votre régime obligatoire ne couvre pas vraiment

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En France, les travailleurs non salariés — artisans, commerçants, professions libérales, gérants — bénéficient d’une protection sociale obligatoire gérée par la Sécurité sociale des indépendants (SSI) ou leur caisse professionnelle (CIPAV, CARMF, CARPIMKO, etc.). Une couverture qui existe, certes. Mais qui montre vite ses limites dès qu’un accident de la vie vient tout bousculer. Avant même de choisir un contrat, faire un comparatif prévoyance TNS permet de mesurer concrètement l’écart entre ce que l’on croit avoir et ce que l’on a vraiment.

Ce que le régime obligatoire verse réellement

En cas d’arrêt de travail, un TNS affilié à la SSI perçoit des indemnités journalières plafonnées à environ 60 % du revenu annuel moyen, avec un délai de carence de 3 jours. En pratique, pour un indépendant qui gagne 4 000 € net par mois, l’indemnité tourne autour de 100 à 130 € par jour — soit moins de la moitié de ce qu’il perçoit habituellement. Quant aux professions libérales relevant de la CIPAV, elles n’ont tout simplement pas droit aux indemnités journalières maladie. Zéro. Rien.

En cas d’invalidité partielle ou totale, les rentes versées par les caisses obligatoires sont calculées sur des revenus cotisés souvent en décalage avec le revenu réel. Pour beaucoup de TNS, la rente d’invalidité du régime de base ne dépasse pas 30 à 40 % du revenu d’activité. De quoi couvrir le loyer, si on est chanceux.

Pourquoi la prévoyance complémentaire n’est pas un luxe

Contrairement au salarié, le TNS ne bénéficie d’aucune prévoyance collective obligatoire financée par un employeur. Tout repose sur lui. S’il tombe malade trois mois, ses charges fixes — loyer professionnel, cotisations sociales, crédit — continuent de courir pendant que ses revenus s’effondrent. C’est une réalité que beaucoup découvrent trop tard, au pire moment.

La prévoyance complémentaire permet de :

  • Percevoir des indemnités journalières dès le premier ou le huitième jour d’arrêt, selon le contrat choisi
  • Garantir une rente en cas d’invalidité permanente, calculée sur le revenu réel à protéger
  • Couvrir le décès avec un capital versé aux proches ou un maintien de revenus pour le conjoint

Là où ça devient sérieux : les contrats diffèrent énormément sur des points cruciaux que peu de gens lisent. La définition de l’invalidité (partielle ou totale), la durée de la franchise, les exclusions liées aux affections psychiatriques ou dorsales, les modalités de revalorisation des rentes… C’est précisément pourquoi la lecture des conditions générales — et non des seules grilles tarifaires — est ce qui fait toute la différence quand vous avez vraiment besoin de votre assurance.

Comment choisir le bon contrat ?

Plusieurs critères structurants doivent guider la comparaison :

  • Le niveau de revenus à protéger : la plupart des contrats plafonnent la garantie à 3 fois le PASS (environ 11 000 € par mois en 2026). Au-delà, une surcomplémentaire s’impose.
  • La caisse d’affiliation : certains contrats sont taillés pour les affiliés CIPAV, d’autres pour la SSI ou la CARMF. Un contrat inadapté à votre caisse peut créer des doublons ou des angles morts de couverture.
  • La franchise : plus elle est courte (30 jours vs 90 jours), plus la cotisation est élevée — mais plus la protection est concrète en cas d’arrêt court.
  • Les garanties optionnelles : maintien des cotisations sociales, rachat de franchise, garantie hospitalisation.

L’avantage fiscal Madelin : un levier que beaucoup ignorent

Les cotisations versées dans le cadre d’un contrat Madelin sont déductibles du bénéfice imposable du TNS. En 2026, le plafond de déduction pour la prévoyance est de 3,75 % du bénéfice imposable + 7 % du PASS, plafonné à 3 % de 8 fois le PASS. Concrètement, pour un indépendant imposé à 30 %, une cotisation annuelle de 2 400 € coûte réellement moins de 1 700 € après économie fiscale.

Autrement dit : se protéger correctement coûte moins cher qu’on ne le croit. Et ne pas le faire peut coûter beaucoup plus qu’on ne l’imagine.

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